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une diététicienne, installée au pays du reblochon (Thônes) depuis 2006. Vous pouvez me contacter au 04.50.51.86.85 ou par mail, amandine.caullireau@gmail.com.

lundi 26 novembre 2007

Les troubles du comportement alimentaire

Cet article reprendra essentiellement l'anorexie & la boulimie, mais ils ne sont pas les seuls...
Rien à voir avec une grosse fringale, la boulimie est un trouble autrement plus profond. La personne boulimique ne trouve aucun plaisir à manger, une seule chose compte pour elle : ingurgiter la plus grande quantité de nourriture possible.

La boulimie représente avec l’anorexie l’autre versant des troubles des conduites alimentaires. Si les deux maladies sont opposées, en apparence, elles se recoupent souvent et le traitement est sensiblement le même, psychothérapie et éducation diététique.

La nourriture comme une drogue
La boulimie est un trouble des conduites alimentaires qu’on apparente souvent à une attitude addictive. Les boulimiques ont le même comportement avec la nourriture que certains toxicomanes avec la drogue. Ce trouble touche essentiellement les femmes, les adolescentes, mais les hommes aussi sont concernés. C’est une maladie de la honte qui se vit dans la clandestinité. Les boulimiques n’ont pas forcément un problème de balance, la plupart gardent même un poids normal. C’est pourquoi les troubles peuvent être difficile à détecter, d’autant que les boulimiques ne sont pas enclins à parler de leur problème. En France, on estime tout de même à environ 2% le nombre de femmes souffrant de boulimie dont 4 à 8% au sein de la population étudiante. On compte un homme boulimique pour dix femmes.

Des crises de voracité
La boulimie évolue par crises. L’individu se sent subitement pris d’une envie irrépressible de manger, indépendante de la faim. On parle de « crises compulsives ». Dans ces circonstances la quantité de nourriture ingérée est impressionnante. Le boulimique avale à tout va, sans prêter attention à ce qu’il engloutit. A la fin de la crise, la honte est le sentiment dominant. Honte de craquer, honte de manger comme un goinfre et peur de grossir. Pour apaiser ce sentiment de culpabilité, le boulimique va chercher à éliminer cette trop grande quantité de nourriture. Il peut alors se faire vomir, utiliser des laxatifs ou des diurétiques et s’imposer des périodes de jeune extrêmement restrictives à la manière d’un anorexique. Ces deux maladies ont d’ailleurs plusieurs aspects communs (les anorexiques peuvent aussi avoir des crisesboulimiques), certains spécialistes voient là les deux versants d’une même pathologie.

La conduite boulimique entraîne, avec le temps, des problèmes médicaux sérieux. L’abus de laxatifs et de diurétiques peut être nocif pour les reins, les vomissements provoquent la remontée dans l'oesophage et la cavité buccale des sucs gastriques. On note des inflammations des gencives, un endommagement des dents, un gonflement des glandes salivaires. Dans certains cas plus graves, peuvent se produire une rupture de l'estomac, une perforation de l'oesophage et des défaillances cardiaques. On observe également des signes de dénutrition.

Combler en mangeant
L’origine de la boulimie n’est pas encore clairement identifiée. Les spécialistes parlent de causes multifactorielles. Elle est souvent associée à un comportement dépressif ou à un manque affectif et d’estime de soi. La cellule familiale est souvent perturbée autour de l’adolescente. La conduite boulimique, au même titre que la prise de drogue, est destinée à combler ce vide relationnel.

Retrouver le goût
La prise en charge de la personne atteinte de boulimie implique plusieurs spécialistes. Le psychothérapeute ou le psychiatre intervient en proposant différentes formes de thérapies comme la psychanalyse ou les thérapies comportementales et cognitives. A cet aspect, s’ajoute l’éducation alimentaire. Avec une diététicienne, le boulimique va réapprendre à manger de manière équilibrée. Rien ne sert en effet de faire un régime ou d’éliminer toute nourriture calorique. Le corps en a besoin et le fera ressentir à un moment donné. Il faut au contraire retrouver l’écoute de son corps, manger doit correspondre à un besoin, la faim, c’est cette notion que les boulimiques ne possèdent plus.

Quand les symptômes dépressifs sont très marqués et nuisent au déroulement de la thérapie, le médecin peut prescrire des anti-dépresseurs mais ils ne dispensent pas du soutien psychologique.

En général, la boulimie se guérit même si des rechutes sont possibles. Il n’y a généralement pas de séquelles contrairement à l'anorexie dont la guérison est bien plus complexe.


Liens utiles :www.boulimie.com